Le Réveil du Tyran

Chapitre 1Chapitre 1 – L'Ombre de la Mort

Le Réveil du Tyran

Chapitre 1 – L'Ombre de la Mort

355 motsAlternée

Lyra

Le sang percuta la roche noire avec un sifflement de chair calcinée. Dès l'instant où ma force vitale toucha la couronne d'épines, la caverne entière retint son souffle. L'onde de choc qui suivit me projeta brutalement contre la paroi. Le lourd couvercle de basalte se fractura dans un hurlement de roche broyée, libérant un geyser de ténèbres pures. Les runes d'asservissement que j'avais tissées s'illuminèrent dans les airs, formant des chaînes d'argent magique prêtes à dompter son âme.

Mais l'abîme ne se laisse pas enchaîner. Une main impérieuse, aux veines noires palpitant d'une force ancestrale, jaillit de la fumée épaisse et pulvérisa mes glyphes d'un simple revers, comme du verre brisé. L'air se vissa dans mes poumons. Il s'extirpa de son tombeau, majestueux et terrifiant, l'aura vibrant d'une faim séculaire écrasante.

Kaelen

Le goût âcre du sel et du sang mortel foudroya mes sens. Un siècle d'agonie silencieuse, balayé par l'arrogance d'une misérable nécromancienne. Mon corps n'était qu'un gouffre de douleur, désespérément affamé de mana. Je fixai la créature acculée contre la paroi. Sa signature magique exhalait un parfum d'ozone et de soufre doux, une tentation insoutenable qui fit rugir mes instincts.

L'espace entre nous s'effaça. Je la plaquai rudement contre la pierre glacée, la chaleur volcanique de mon aura irradiant contre la sienne. Ma faim dévorante calcina instantanément la toile de son manteau dans une pluie d'étincelles violettes, ne laissant qu'un mince voile de soie entre sa peau frissonnante et mes ombres. Elle haleta, piégée. Je laissai mes doigts tracer la ligne délicate de sa mâchoire, une caresse saturée d'arcanes qui enflamma ses terminaisons nerveuses et la fit vaciller d'une ivresse involontaire.

Nos magies s'écrasèrent l'une contre l'autre dans une collision critique. J'aspirai goulûment son énergie vitale à même ses pores, un transfert absolu qui nous fit gémir de concert. Je me penchai, effleurant la courbe de son cou de mon souffle brûlant, et murmurai dans la langue interdite des anciens tyrans des incantations de possession qui firent fondre ses ultimes barrières mentales.

« Ses yeux écarlates plongèrent dans les miens : 'Tu m'as réveillé, petite sorcière. Tu vas devoir me nourrir.' »